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Défiscalisation d'œuvres d'art en 2026 : la loi de finances prolonge le dispositif jusqu'en 2028

L'acquisition d'une œuvre d'art par une entreprise n'est pas seulement un geste esthétique ou un investissement patrimonial. C'est aussi, depuis plusieurs décennies, un outil fiscal reconnu par le Code général des impôts. La loi de finances pour 2026 vient de sécuriser ce dispositif pour trois années supplémentaires, en le prorogeant jusqu'au 31 décembre 2028.



Une bonne nouvelle pour les chefs d'entreprise, les professions libérales structurées en société et les collectionneurs qui hésitaient à franchir le pas faute de visibilité sur la pérennité du texte. Voici ce qu'il faut savoir pour comprendre ce mécanisme, en mesurer les avantages réels et éviter les erreurs qui peuvent coûter cher lors d'un contrôle fiscal.


Le dispositif de l'article 238 bis AB du CGI : rappel des fondamentaux

Le mécanisme de déduction fiscale pour l'achat d'œuvres d'artistes vivants trouve son origine dans l'article 238 bis AB du Code général des impôts. Son principe est simple sur le papier : une entreprise qui achète une œuvre originale réalisée par un artiste vivant peut déduire le prix d'acquisition de son résultat imposable, non pas en une seule fois, mais de manière étalée sur cinq exercices, à raison d'un cinquième par an.


Ce choix de l'étalement n'est pas anodin. Il pousse l'entreprise à inscrire durablement l'œuvre dans son patrimoine plutôt que d'en faire un simple achat déductible sur un exercice, et il oblige, en contrepartie, à respecter une condition d'exposition publique pendant toute la durée de la déduction. Nous y reviendrons.


Le plafond de la déduction est fixé à 20 000 euros par an, ou à 5 pour mille du chiffre d'affaires hors taxes de l'entreprise si ce second montant est plus élevé. Concrètement, plus l'entreprise est importante, plus elle peut consacrer une part significative de son résultat à l'acquisition d'œuvres tout en optimisant sa fiscalité.


Ce qui change réellement avec la loi de finances 2026

Le dispositif de l'article 238 bis AB n'est pas permanent. Il a toujours été soumis à des dates butoirs, régulièrement reconduites par les lois de finances successives depuis sa création. Avant l'adoption du texte pour 2026, l'échéance était fixée au 31 décembre 2025, ce qui créait une incertitude réelle pour toute entreprise souhaitant s'engager dans une stratégie d'acquisition sur plusieurs années.


L'article 89 de la loi de finances pour 2026 a tranché la question en prorogeant le dispositif jusqu'au 31 décembre 2028. Cette reconduction n'était pas acquise d'avance. Lors des débats parlementaires, une proposition alternative avait émergé : la transformation de l'actuel impôt sur la fortune immobilière en un impôt élargi sur la fortune dite improductive, susceptible d'englober des actifs non immobiliers, potentiellement les œuvres d'art. Cette version n'a finalement pas été retenue dans le texte adopté. Les œuvres d'art conservent donc, pour l'instant, leur régime favorable en matière de fortune, un point qui mérite d'être suivi dans les années à venir tant le sujet revient régulièrement dans le débat fiscal.


Pour les entreprises et les collectionneurs, cette prorogation jusqu'en 2028 offre une visibilité de moyen terme précieuse. Elle permet d'engager une politique d'acquisition étalée sur plusieurs exercices sans craindre qu'un changement de législation ne remette en cause le dispositif en cours de route pour les achats déjà réalisés, ni pour ceux à venir dans les trois prochaines années.


Qui peut réellement bénéficier de la déduction

C'est ici que beaucoup de porteurs de projets se méprennent. Le dispositif n'est pas ouvert à toutes les formes juridiques d'activité. Peuvent en bénéficier les entreprises soumises à l'impôt sur les sociétés, ainsi que les entreprises individuelles ou sociétés de personnes relevant de l'impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux, dès lors qu'elles sont imposées selon un régime réel.


Deux catégories en sont explicitement exclues. D'abord, les micro-entreprises, car leur régime micro-fiscal repose sur un abattement forfaitaire appliqué au chiffre d'affaires et non sur la déduction de charges réelles : il n'y a tout simplement pas de mécanisme comptable permettant d'y intégrer cette déduction. Ensuite, et c'est le point le plus mal connu, les professions libérales imposées à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices non commerciaux, lorsqu'elles exercent en nom propre. Un avocat, un médecin ou un architecte qui achète une œuvre pour son cabinet exploité en nom propre ne peut pas en déduire le prix selon ce mécanisme.


Il existe cependant une solution pour ces professionnels : exercer via une structure soumise à l'impôt sur les sociétés, telle qu'une SELARL ou une SELAS. Dans ce cas, la société, en tant que personne morale soumise à l'IS, redevient éligible au dispositif dans les mêmes conditions qu'une entreprise commerciale classique. C'est un point stratégique à examiner avec son expert-comptable avant tout achat, car la structure juridique retenue au moment de l'acquisition conditionne entièrement la possibilité de défiscaliser.


Un exemple chiffré pour comprendre le mécanisme

Prenons le cas d'une entreprise soumise à l'impôt sur les sociétés, réalisant un chiffre d'affaires annuel de 2 millions d'euros hors taxes. Le plafond de déduction calculé sur la base du chiffre d'affaires s'élève à 10 000 euros par an, ce qui est inférieur au plafond forfaitaire de 20 000 euros. C'est donc ce dernier montant, plus favorable, qui s'applique.


Cette entreprise acquiert une sculpture d'un artiste vivant pour un montant de 30 000 euros hors taxes. Elle pourra déduire 6 000 euros par an de son résultat imposable pendant cinq exercices, soit un cinquième du prix d'acquisition chaque année, dans la limite du plafond de 20 000 euros annuel qui n'est pas atteint ici. Sur un taux d'impôt sur les sociétés de 25 pour cent, l'économie d'impôt annuelle s'élève à 1 500 euros, soit 7 500 euros au total sur les cinq années, ce qui finance de fait un quart du prix de l'œuvre.


Ce calcul illustre un point essentiel souvent négligé : la défiscalisation ne rend pas l'œuvre gratuite, mais elle réduit significativement son coût net d'acquisition, tout en laissant à l'entreprise la pleine propriété d'un actif qui, contrairement à une charge classique, peut prendre de la valeur dans le temps.


L'obligation d'exposition : la contrepartie souvent sous-estimée

La déduction fiscale n'est pas gratuite pour l'administration : elle s'accompagne d'une contrepartie stricte, celle de l'exposition publique de l'œuvre pendant cinq ans, période qui correspond à l'exercice d'acquisition et aux quatre années suivantes.


Cette exposition doit se faire dans un lieu réellement accessible, soit gratuitement au public, soit aux salariés de l'entreprise. Un bureau personnel, une résidence privée ou un espace réservé à un cercle restreint de clients ne remplissent pas cette condition. L'entreprise doit par ailleurs informer le public de la localisation de l'œuvre et de la possibilité d'y accéder.


C'est précisément ce point, l'exposition effective et démontrable, qui constitue le principal motif de redressement lors des contrôles fiscaux, dont la fréquence s'est accrue ces dernières années sur ce type de dossier.


Pour sécuriser son dossier, il est recommandé de conserver une trace précise et datée de l'exposition : photographies régulières de l'œuvre in situ, mention de son emplacement dans les documents internes de l'entreprise, et le cas échéant un registre d'exposition. La facture d'achat doit également être détaillée et émise par une galerie, un marchand d'art ou l'artiste lui-même, et l'entreprise doit joindre à sa déclaration de résultat le formulaire dédié au suivi des dépenses de mécénat et d'achat d'art.


Les points de vigilance pour un achat serein

Trois conditions cumulatives doivent être respectées pour sécuriser la déduction. L'artiste doit être vivant à la date d'acquisition, ce qui exclut de facto les œuvres issues de successions ou de ventes posthumes. L'œuvre doit être une création originale, entièrement exécutée de la main de l'artiste, ce qui recouvre les tableaux, sculptures, gravures et estampes tirées en nombre limité, mais exclut les reproductions industrielles. Enfin, les œuvres achetées en vue de la revente, notamment celles qui figurent dans les stocks d'une galerie ou d'un négociant, n'ouvrent pas droit à la déduction : le dispositif est réservé aux entreprises qui immobilisent l'œuvre dans leur patrimoine, pas à celles qui en font le commerce.


Il est également possible, sous certaines limites, de cumuler cette déduction avec des versements de mécénat effectués la même année. Les deux dispositifs partagent cependant un plafond global commun, calculé sur le chiffre d'affaires, qu'il convient de surveiller attentivement pour ne pas perdre le bénéfice de l'un ou de l'autre.


Pourquoi cette prorogation change la donne pour les entreprises du Pays Basque

Pour les entreprises et professions libérales installées à Biarritz, Bayonne, Anglet et plus largement sur la Côte Basque, cette visibilité fiscale jusqu'en 2028 arrive à un moment où le marché de l'art contemporain reste dynamique, porté par des artistes dont la cote continue de progresser. Associer une stratégie patrimoniale de moyen terme à une réduction d'impôt réelle, tout en valorisant ses locaux professionnels avec des œuvres originales, constitue une opportunité que peu d'outils fiscaux permettent de combiner aussi directement avec un bénéfice esthétique et une image de marque renforcée auprès des clients et des salariés.


Class Art Biarritz vous accompagne dans votre projet de défiscalisation

Chez Class Art Biarritz, nous accompagnons depuis plusieurs années les entreprises et les professions libérales de la Côte Basque dans leurs projets d'acquisition d'œuvres d'art à visée patrimoniale et fiscale. Notre équipe vous aide à sélectionner une œuvre originale, signée d'un artiste vivant reconnu ou en devenir, parmi notre catalogue de plus de quarante artistes internationaux et français, incluant des noms cotés sur le marché international tels que Daniel Arsham, Invader, Richard Orlinski, Hom Nguyen ou Julian Opie.


Nous vous délivrons une facture détaillée et un certificat d'authenticité conformes aux exigences de l'administration fiscale, et nous vous conseillons sur les conditions d'exposition à respecter pour sécuriser votre déduction pendant les cinq années requises. Notre connaissance fine du dispositif de l'article 238 bis AB, associée à notre expertise du marché de l'art contemporain, vous permet d'aborder cette démarche en toute sérénité, que vous soyez une entreprise soumise à l'impôt sur les sociétés ou une profession libérale envisageant une restructuration juridique pour accéder à ce dispositif.


Nous proposons également des solutions de financement adaptées, notamment le leasing, qui permettent d'échelonner l'investissement tout en bénéficiant pleinement de la déduction fiscale prévue par la loi.


Pour étudier votre projet d'acquisition et bénéficier d'un conseil personnalisé sur la défiscalisation par l'art, contactez notre galerie au 8 Avenue Jaulerry à Biarritz, par téléphone au 06 66 00 16 80, ou rendez-vous directement en galerie du mardi au samedi de 11 heures à 13 heures et de 15 heures à 19 heures, ou le dimanche de 11 heures à 13 heures. Le lundi reste réservé aux visites privées sur rendez-vous, pour un accompagnement exclusif dans la constitution de votre collection d'entreprise.

 
 
 

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