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Clément Covizzi : la poésie animale sublimée par le Raku

Dans le paysage foisonnant de la sculpture contemporaine, l’artiste français Clément Covizzi s’est imposé comme une voix singulière. Ses sculptures d’animaux en céramique, façonnées selon la technique ancestrale japonaise du Raku, se distinguent par leur puissance évocatrice et leur intensité matérielle. Entre tradition et modernité, ses créations nous invitent à repenser notre rapport au vivant et à la matière.


Clément COVIZZI dans son atelier
Clément COVIZZI dans son atelier

L’animal comme miroir universel


Depuis ses débuts, Covizzi choisit l’animal comme sujet central de son art. Mais loin de céder à un naturalisme décoratif, il privilégie une approche épurée, presque archétypale. Ses ours, requins, gorilles ou félins ne sont pas des représentations réalistes : ils incarnent des symboles, des forces vitales.

 

Chaque sculpture, œuvre unique faite à la main, porte en elle une part d’animalité brute et une part d’intériorité. Elles semblent à la fois proches de nous et lointaines, comme surgies d’un inconscient collectif. Covizzi ne décrit pas l’animal, il en dégage l’essence.

 

La technique ancestrale du Raku


Pour donner vie à cette vision, l’artiste a choisi un procédé exigeant : le Raku, technique japonaise développée au XVIe siècle dans le contexte de la cérémonie du thé. Contrairement aux cuissons classiques, le Raku repose sur un cycle très rapide : les pièces, après une cuisson à haute température, sont retirées du four encore incandescentes puis plongées dans des matériaux combustibles (sciure, feuilles, papier). Le choc thermique provoque craquelures, effets de texture, et contrastes de couleurs, qui sont totalement uniques pour chaque œuvre.


Cette technique, qui repose autant sur le geste que sur l’aléatoire, confère à chaque pièce une unicité absolue. Aucune sculpture de Covizzi ne ressemble à une autre : certaines portent des zébrures noires fines, d’autres des éclats cuivrés ou des zones de blancheur mate.


Pour Covizzi, cette part d’imprévu est essentielle :« Le Raku est une leçon d’humilité. On prépare la forme, on maîtrise la cuisson, mais au moment de l’enfumage, c’est le feu qui décide. La matière garde la mémoire de cet instant. Les animaux que je sculpte deviennent ainsi les témoins d’une transformation, presque d’une métamorphose. »


Une matière vivante


Le résultat confère aux sculptures une dimension presque organique. Les surfaces craquelées semblent évoquer une peau, une écorce, une carapace. Les contrastes de mat et de brillant rappellent tantôt la pierre, tantôt le métal, tantôt le cuir.

Cette matérialité, issue du feu et de la fumée, dialogue avec la forme animale. Le spectateur perçoit à la fois la fragilité de la terre et la puissance de l’animal représenté.

 

Biographie : un chemin singulier


Né dans les années 1980, Clément Covizzi grandit au contact de la nature, ce qui marque profondément sa sensibilité artistique. Très tôt, il s’intéresse à la sculpture et à la céramique, mais choisit un parcours qui le mène d’abord vers le design et les métiers d’art.

C’est en découvrant la céramique japonaise et la technique du Raku lors d’un voyage en Asie qu’il trouve son langage. Fasciné par la philosophie wabi-sabi – cette esthétique qui valorise l’imperfection, l’éphémère, l’accident heureux – il décide de l’adapter à son univers personnel : celui de la sculpture animalière.

Depuis une dizaine d’années, il développe un corpus d’œuvres cohérent, présenté dans plusieurs galeries en France et à l’étranger. Ses sculptures circulent aujourd’hui dans des collections privées et séduisent autant les amateurs d’art contemporain que les passionnés de céramique.


Baleine à bosse, sculpture en Raku par Clément Covizzi. Retrouvez ici les œuvres de Clément Covizzi proposées par Class Art Biarritz.
Baleine à bosse, sculpture en Raku par Clément Covizzi. Retrouvez ici les œuvres de Clément Covizzi proposées par Class Art Biarritz.

Une réception critique enthousiaste


La critique salue la force symbolique et la profondeur matérielle de ses œuvres. Pour la critique d’art Isabelle Moreau :« Les animaux de Covizzi semblent sortir d’un autre temps. On ne sait s’ils appartiennent au passé archaïque ou à un futur rêvé. Ils sont des archétypes, des figures de mémoire. »

Certains collectionneurs voient en lui un héritier d’une lignée d’artistes animaliers, débutée avec Pompon, mais avec une écriture radicalement contemporaine, nourrie de matière et de hasard.


Comparaisons et filiations


Si Clément Covizzi se distingue par son recours au Raku, son travail s’inscrit dans une histoire plus vaste de la sculpture animalière. Là où François Pompon, au début du XXe siècle, avait choisi de simplifier les formes pour en dégager l’essence, Covizzi opère un travail similaire, mais par le biais de la matière.

On peut également le rapprocher de céramistes contemporains qui explorent les textures imprévisibles du feu, comme les Japonais Ryoji Koie ou Masami Yamamoto. Mais là où ces derniers travaillent l’abstraction, Covizzi transpose la philosophie du Raku à une iconographie universelle : celle de l’animal.

Son travail se situe donc à la croisée de plusieurs traditions : l’art animalier occidental, l’art céramique oriental, et l’art contemporain qui valorise l’imprévu et la matière brute.


Entre art et artisanat


Ce qui frappe dans ses sculptures, c’est aussi la manière dont elles brouillent la frontière entre art et artisanat. Le geste manuel, le travail de la terre, l’enfumage rappellent l’artisan potier. Mais le choix des formes, leur force symbolique et leur mise en scène relèvent clairement de l’art contemporain.

Covizzi assume cette ambivalence. Pour lui, « il n’y a pas de hiérarchie entre l’art et l’artisanat. Ce qui compte, c’est l’émotion transmise. » Ses sculptures s’inscrivent ainsi dans une tendance contemporaine qui redonne à la céramique une place centrale dans l’art, aux côtés d’artistes comme Grayson Perry, Magdalene Odundo ou Johan Creten.

 

Un artiste en ascension


Aujourd’hui, Clément Covizzi expose dans plusieurs galeries françaises et européennes. Ses œuvres commencent à circuler dans des foires internationales, et sa cote monte progressivement. L’originalité de sa démarche – mêler art animalier et Raku – lui confère une identité forte et reconnaissable.

Certains observateurs prédisent déjà que son travail pourrait trouver sa place dans des institutions muséales, tant il dialogue avec les grandes traditions de la sculpture tout en proposant une écriture contemporaine.


Les sculptures animalières de Clément Covizzi ne sont pas de simples objets décoratifs. Elles sont des rencontres entre l’animal, l’homme, la terre et le feu. Par la technique du Raku, il redonne à la matière une dimension vivante, imprévisible, et inscrit ses œuvres dans une temporalité élargie.


Dans un monde où l’art contemporain interroge de plus en plus notre rapport à la nature, sa fragilité, et son l’impermanence, Covizzi propose une voie poétique et incarnée. Ses animaux ne sont pas seulement des formes : ce sont des présences.

Et peut-être est-ce là leur plus grande force : nous rappeler que dans la fragilité de la terre craquelée et dans la puissance symbolique de l’animal, se joue quelque chose d’essentiel – notre propre rapport au vivant et à l’éphémère.

 
 
 

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